Posté par Dina Koussou, le 6 février 2026
Par Dina Koussou *
La grève qui paralyse le secteur éducatif gabonais depuis plus d’un mois constitue une crise sociale majeure, aux conséquences profondes sur la cohésion nationale, la stabilité sociale et l’avenir de notre jeunesse. L’école, pilier fondamental de la République, ne peut durablement être prise en otage sans fragiliser l’ensemble de la Nation. Face à cette situation, le choix du dialogue s’impose comme l’unique voie responsable. Dialoguer, ce n’est ni renoncer à l’autorité de l’État, ni nier les contraintes budgétaires ; c’est reconnaître que l’intérêt supérieur de la Nation commande l’écoute, la concertation et la recherche de compromis durables. Rien ne vaut la paix sociale, surtout lorsqu’il s’agit de l’éducation de nos enfants.
Il convient de rappeler que les revendications des enseignants s’inscrivent dans un combat légitime pour la justice et l’équité sociale. Toutefois, aucune politique sociale ne saurait être efficiente sans investissements structurants, ni sans une meilleure anticipation des faits sociaux, afin d’éviter que les tensions ne dégénèrent en crises prolongées. La situation actuelle met en lumière la nécessité d’intensifier les efforts d’une excellente coordination de l’action publique. Tant que les administrations sectorielles ne mesureront pas pleinement les enjeux stratégiques dictés par la première autorité du pays, c’est l’action globale de l’État, qui s’en trouvera fragilisée. De ce fait, « Gouverner » exigera toujours anticipation et responsabilité collective.
Aux enseignants de notre pays, acteurs essentiels de la formation des générations futures, il importe d’adresser un message de respect et de reconnaissance. Votre engagement, souvent exercé dans des conditions difficiles, force l’estime de la Nation. Cependant, la responsabilité historique qui est la vôtre vous place également au cœur d’un impératif supérieur : préserver le droit à l’éducation des enfants gabonais. Le dialogue, la concertation et la recherche d’issues responsables doivent demeurer des priorités, afin que la défense de droits légitimes ne se fasse pas au détriment de l’avenir de ceux que vous avez pour mission d’éclairer.
À ceux qui, dans le débat public, privilégient des discours de division et de confrontation, il est important de rappeler que l’on ne bâtit pas un pays dans la fracture permanente. La démocratie repose à la fois sur le libre choix des dirigeants et sur le respect du temps de l’action gouvernementale, dans un esprit de responsabilité et de stabilité institutionnelle.
À Monsieur le Président de la République, chef de l’État, chef du gouvernement, S.E Brice Clotaire Oligui Nguema, votre engagement constant en faveur de la restauration de l’État, de la justice sociale et de la refondation nationale est reconnu par une large frange de nos concitoyens. Aujourd’hui, la Nation compte sur votre arbitrage fort et rassembleur, capable de restaurer la confiance entre le gouvernement, les partenaires sociaux et les familles gabonaises. Il est impératif d’œuvrer à une trêve sociale de deux à trois ans, fondée sur un pacte clair, sincère et mesurable, garantissant une meilleure redistribution des fruits de la croissance.
Dans cette perspective, des mesures transitoires et réalistes, telles que la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, pourraient constituer un signal institutionnel fort en faveur de l’apaisement et de la reprise des cours. À nos chers enseignants, sauver l’année scolaire, c’est préserver l’avenir de nos enfants et consolider les fondements de la Nation gabonaise. Il s’agit d’un sacrifice nécessaire, mais surtout d’un choix stratégique pour la stabilité, la paix sociale et le progrès durable de notre pays.
Pour finir, au regard de la situation actuelle, je vous demande solennellement avec respect et humilité, d’accorder le bénéfice du doute au gouvernement en rétablissant un climat de confiance car la reprise des cours est désormais un impératif. Il est important de s’unir afin que nos enfants ne soient pas pris en otage pour des problèmes d’égo ou de positionnement stratégique. Que Dieu Tout-Puissant, seul maître des temps et des circonstances nous aide à sortir de cette crise avec sagesse et efficacité, pour le seul bien de la jeunesse gabonaise.
(*) Personnalité publique – Citoyenne engagée
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